Auto-stop

Publié le par Sherwood

Hier, nous voulûmes partir à l'aventure. Loin. Récit de ce brouillon de voyage.

8h : Ulla et moi nous postons à l'entrée de l'autoroute, porte d'Orléans, avec un panneau "Poitiers" dans les mains.
8h45 : un type nous prend, mais il descend.. en Seine-et-Marne. Pas grave. Lui par contre est bien embêté, et nous donne deux entrées aux Louvre pour se faire pardonner de nous avoir éloignées. Il nous admirait pour notre esprit aventureux. C'était le type que je ne voudrais pas devenir : tout coincé dans ses obligations d'adulte, jamais le temps de faire des choses en suivant une impulsion. Mais il était sympathique, et prenait souvent des stoppeurs, sans doute pour vivre par procuration.

Là, nous avons avisé un panneau indiquant Reims. Qu'importe la destination, pourvu que l'on voyage ! Nous avons tendu le pouce pour aller à Reims.
Deux hommes très gentils nous ont emmenées un peu plus loin, s'attristant de ne pouvoir nous accompagner jusqu'à Reims, parce que ç'aurait été rigolo. Ils nous ont laissées à la sortie d'un village au nom de pléonasme :
(ça va par deux forcément des jumeaux, non ?)

11h : les ennuis ont commencé (et vite fini). Deux fois de suite, des types se sont arrêtés et nous proposaient d'aller à La Ferté sous Jouarre, ajoutant qu'ils étaient célibataires et nous invitaient à boire un café. Nous avions alors décidé de ne JAMAIS aller à la Ferté sous Jouarre, village de dégénérés apparemment.

Quand un autre dégénéré nous a emmenées, toujours vers Reims. Il se moquait de nous, genre on fait de l'auto-stop quand on est un Parisien richou et qu'on décide de se dévergonder un peu. On n'avait jamais voyagé étant jeunes, etc... Ajoutant à celà "Quand on n'a pas vu Château-Thierry, on n'a rien vu". Rien qu'au nom je devine que ledit bled est pourrave (oú ça des préjugés ?), et suppute que le type, lui, n'avait jamais voyagé plus loin que ce village. M'enfin, on ne critique pas les chauffeurs. D'ailleurs, il était routier, en temps normal (et comme on dit "les routiers sont sympas") et galérait pas mal avec une voiture banale.
Finalement, il nous a laissées à... si, si. Même que la Marne y passe (pour moi, la Marne c'est st Maur !)
Oui, à La Ferté sous Jouarre, bled honni avant même de le connaître. Et oú passait le RER. Nous étions navrées, à midi, de se trouver toujours dans une région oú passait le RER. Après avoir un peu attendu que passent d'hypothétiques voitures en direction de Reims, nous avons pris le train pour rentrer. Pas grave, c'est une version d'essai, on sait qu'on peut le faire et aller plus loin le prochain coup. Et en fait, c'est grand l'île-de-France !

Dans le rère, on regarde par la fenêtre et on écoute les pouffes. Et tout à coup apparaît dans notre champ de vision une cathédrale. On se regarde et on saute hors du train (arrêté en gare, bien sûr). C'était Meaux, chouette ville, avec des verdures et des petites rues musicales. 
Vous noterez que, fait rarissime, je suis entrée dans un édifice religieux (une photo de l'extérieur est visible sur fesse de bouc).

Et puis voilà. Nous avons alors décidé de rentrer en auto-stop, quand même. À peine avions-nous tendu le pouce qu'un couple s'arrêtait : "Oui nous allons à Paris, Porte de Clignancourt." C'est-à-dire, pour ceuxes qui l'ignorent : nous fûmes raccompagnées à (mon) domicile !

Porte de Clignancourt, c'est aussi le chemin pour Lille d'un côté et Rouen de l'autre.

Prochain coup de pouce vers Rouen !
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G
Bravo, La Ferte est vraiment bien en dessous de Jouarre
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H
est-ce que je prends une auto-stoppeuse pour aller à Göttingen ?
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