Violences et méchancetés

Publié le par Sherwood

C'est agaçant quand même. La vie n'est qu'une succession de petits heurts, qui s'insinuent, qui cabossent à chaque instant notre carapace imperméable et vernie. Et quand il y en a trop, ces attaques transpercent, on finit avec une passoire en guise d'armure.
Mais il faut relever la tête, on ne va pas se laisser abattre. C'est pas une vulgaire vie qui va nous tuer. Ah, si, justement, zut.
Alors pourquoi les gens se sentent-ils forcés d'en rajouter dans les petites piques du quotidien ? Pourquoi diantre l'humeur bisounours n'est-elle que trop peu répandue ? Sommes-nous de simples irréductibles en voie de disparition ? Ou les gens sont-ils simplement plus adaptés à leur environnement (vous voulez un coup de survival of the fittest ?)...?

L'autre jour, j'ai assisté à de la violence gratuite, comme ça, pour le fun. Parenthèse : dans ma classe de merveilleux gens gentils, un type possède un polo affichant : "J'arrête la méchanceté gratuite. Cette année, je fais payer". Revenons à nos métros. Un morveux déjà trop âgé pour le qualifier de tel, mais trop jeune pour figurer parmi les grands, un préado quoi, a cherché querelle à une fille de son âge cherchant à descendre. Il se plaçait devant elle, et bougeait quand elle se poussait, l'empêchant de descendre. Au bout d'un moment, la demoiselle, c'est légitime, la bousculé afin de passer. Ce petit malotru est alors entré dans le wagon, non sans balancer un coup de pied à la fille, se justifiant auprès de son pote "Namé t'as vu comment elle me pousse l'aut' !": Je suis navrée de ne point vous transcrire l'accent ouèche, mais vous savez que je le fais à merveille sur commande.
Cet avorton, une fois assis, n'a pas arrêté là ses odieux agissements. Une mendiante est entrée et a commencé l'habituel discours, et il a crié "Ta gueule !". Un monsieur assis en face de lui lui a dit "Ne lui dis pas ça, ça va, sois pas vulgaire !" Le ouèche alors a insulté le monsieur, tentant de lui mettre des coups de pied. L'homme lui disait "du calme", et le jeune aux hormones déréglées braillait "ouais arrête de m'insulter nique ta mère" et autres banalités que la décence m'interdit de relater plus. Ce petit manège s'est poursuivi jusqu'è ce que le mioche descende, criant alors depuis le quai :"Ouais, si t'es un bonhomme, descends !" Et au moment où le métro refermait ses portes, il a giflé le monsieur, qui en a gardé le côté rouge pendant le reste du voyage.
J'ai beau affirmer ma bisounourserie, je ne suis pas une sainte, cependant il y a des choses qui ne cesseront jamais de m'estomaquer. Le simple "ne m'insulte pas, connard", je pensais que c'était une blague, un truc qu'on disait pour rigoler, de même que "MAIS NE CRIE PAS !". Et il y a vraiment des gens en vrai qui disent cela sérieusement.*
Cet incident m'a donc plus stupéfaite qu'autre chose. J'en suis restée comme deux ronds de flan, parce que j'avais assisté à toute l'histoire, depuis le début, et donc je ne pouvais pas attribuer une quelconque raison à ces agissements à un fait antérieur, ces deux protagonistes ne se connaissant pas. Dans ces cas-là, on se sent empli d'une ridicule incompréhension du monde. Un élément m'échappe, dans cet acte injustifiable. Je sais que je suis déphasée tout ce qu'on veut, en inadéquation parfaite et à rebrousse-poil du monde, mais parfois tout ceci dépasse mon entendement.

Il y a eu un autre fait navrant dans ma vie. Cette semaine, je travaillais à donner des prospectus qui seraient jetés à la poubelle dans la minute (oui, je suis en master d'écologie, attendez je vais me pendre j'arrive). J'ai signé un contrat du lundi au jeudi. Le mercredi, on me dit de signer aussi un ciontrat pour vendredi. Vendredi, hier donc, j'avais prévu d'aller empletter avec une amie, engagement combien supérieur à tout travail, quel qu'il soit. Je sais qu'il est très mal vu de faire passer les loisirs avant le boulot dans notre monde capitaliste, mais ça, je ne souhaite pas le changer, j'assume, les amis avant tout. ¡ Namého !
Je leur dis donc que non, je ne suis pas dispo le vendredi. Engueulade gratinée, parce que j'avais soi-disant passé un "engagement oral" Oral toi-même, hé, j'ai signé jusqu'à jeudi, c'est pas parce que j'ai dit la semaine dernière que j'étais libre tous les jours que je le suis encore aujourd'hui. Et j'estime ne pas avoir à informer l'agence de mon emploi du temps minute après minute. Apparemment si. Nafoute.

Du coup, hier j'ai passé la journée avec Sandra, j'ai dépensé des sous dans un habit ô combien bandantissime, j'ai découvert des merveilles au sein de la facounette (prochain article !), j'ai trouvé un oscilloscope et assisté à une soirée "rétro" pour laquelle nous ne fumes hélàs pas déguisées. Cependant, on m'a assuré que j'avais l'air déguisé. Merci. Et nous avons également donné libre cours à notre volonté de faire sourire les gens grace à des post-its, placés dans la rue par on ne sait qui.
 En plus, c'était une journée beetlejuice, concept nouveau que je vous exposerai une autre fois pour ne pas tuer vos malheureux yeux.


*Vous noterez aussi le "défense d'afficher" qui est placardé sur les murs, et qui me rappelle un gag de Quick et Flupke. Et si vous ne connaissez pas c'est fort dommage.
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Publié dans vaguement

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H
je croyais que ce genre de connard n'existait que dans les films.<br /> et pour les journaux, tu as bien eu raison.<br /> bon courage.
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