Prostitution capitaliste

Publié le par Sherwood

Tout d'abord, que ceuxes (celle, en fait) qui se sont inquiétés de mon précédent "adieu" se rassurent. Je dis toujours "adieu". "Adiable" m'a un moment titillée, mais le "adieu" reste conventionnel tout en choquant le Français moyen. Classe, donc, pour prendre congé. Un congé avec retour.
Et puis, il suffit d'avoir un peu de connaissance du GroSherwood pour bien penser qu'il n'abandonnera pas un blog déjà âgé de trois ans sans un minimum de cérémonie, compte à rebours et tout le tralala qui va bien. Et puis namého, j'ai pas envie d'abandonner mon blog (mais vous, vous pouvez abandonner la lecture). Ces choses étant claires, passons dans le sujet.

J'ai retrouvé il y a quelques temps ma règle, ou plutôt je l'ai regardée (eh oui c'est ça le drame du quotidien, on s'accoutume, on s'habitue, on ne regarde plus). Elle porte encore la mention que j'y ai apposée lorsque j'étais en Licence, soit entre 2005 et 2008. En fait vous le savez : c'est aussi le début de ce blog (ce coup de vieux vous était gracieusement offert par votre Gourou). Mais la mention, donc : "les scientifiques sont des prostitués capitalistes". A l'époque, je me rappelle, la prof qui a vu ça a râlé, s'est défendue, mais mon camarade et ami a renchéri que si, c'était vrai. En fait, je ne sais plus vraiment d'où vient cette phrase, je pense que lors d'un cours, un prof nous vantait les mérites de l'industrie parce qu'il avait travaillé dans l'entreprise qui la promouvait. De là cette maxime, qui est toujours présente et qui maintenant n'a plus de signification intrinsèque, mais plutôt une valeur sentimentale (Poitale, l'entrée en fac, tout ça...). Cette introduction pour vous raconter une histoire (si vous ne saisissez pas de lien, c'est pas grave, pour moi il y en a un mais je sais que j'ai des pensées chelous). Il existe en France une ville qui se la pète, il faut bien l'avouer (mais on l'aime quand même, je suis désolée)* ; et une de ses façons de se la raconter, c'est de faire mine de prodiguer un enseignement de qualité. Alors les universités s'y changent en bastions de séléctivité, où les étiduants triés sur le volet reçoivent des cours aux arômes de promesses d'avenir. Quand la fin de ces cours savoureux arrive, les braves étudiants s'en retournent sur eux-mêmes et constatent, non sans désarroi anxieux, qu'ils ne sont finalement arrivés à rien. En clair, sur les 44 élèves de la promo, seuls deux ou trois vont pouvoir continuer en thèse. Bien entendu, nos cursus ne nous ont formé à aucun métier, et se retrouver comme ça en plan ça pique. Apparemment, c'est fréquent, c'est toujours le cas, c'est la ligne de conduite à suivre : ce master ne mène à rien. Voilà c'est dit. Seulement, on ne nous l'a pas dit en entrant, on nous l'a présenté comme l'élite des élites parmi les élites des voies. Il l'était, en quelque sorte, puisque nous y avons passé deux années merveilleuses. Les cours, l'ambiance, tout était génialbandant. Mais voilà c'est fini, pas moyen de devenir le scientifique droit et honnête de mes rêves.

Mais revenons à nos moutons, la prostitution capitaliste. Oui, car quand on est un jeune-donc-fauché, et qu'on a le temps puisque pas d'avenir, on s'occupe incroyablement les journées. Moins on a de choses à faire et plus son emploi du temps est fourni. C'est comme cela qu'hier, nous sommes allées assister à une émission télévisée. Nouvelle histoire (j'aime romancer ma vie). Un jour, nous nous promenions dans les Zalles quand un charmant jeune homme (pour faire ce métier il faut être charmant et jeune, sinon on est viré...) nous a hélées afin de nous proposer d'assister à une émission de tévé. Comme vous le savez, les zémissions sont toujours remplies de gens en masse au fond. Comment font-ils pour amener autant de gens ? Hé bien ils les hèlent. Et les gens viennent. Comme nous. Surtout par curiosité (hé oui, un plateau tévé, ça a l'air immense à l'écran, en fait c'est juste grand IRL), mais aussi, pour ma part, par l'appât. Des places de spectacle. Et bien sûr, quand on a assisté à l'une des émissions, on reçoit les courriels informant des émissions suivantes. Alors on y retourne. C'est ainsi que nous avons vu des mamies qui venaient presque tous les jours assister au tournage de "tout le monde veut prendre sa place" (c'est là que nous sommes allées hier). Notre première émission était un truc dans le style du direct, et je peux vous dire, c'est un peu énervant, parce qu'on n'entend causer les gens devant nous que très peu, la plupart des reportages sont déjà faits et "envoyés" alors que nous mêmes ne les voyons pas. Et pourtant c'était quand même différé (oui là faut pas chercher à comprendre). L'émission d'hier, je la connaissais (précisons que je n'ai pas la tévé hein) seulement par le jeu internet associé (si un jour vous y jouez et vous battez contre un Sherwood en haut-de-forme, c'est moi). Alors assister eu jeu, c'était amusant. Par contre, ça a duré trois heures. C'est long. Ils ont enregistré trois jours d'émissions qui passeront en août. Quel décalage que de vivre dans le monde de la tévé ! Le type fait des trucs qui ne sont pas encore passés... ho lala.
Personnellement, ce qui m'intéressait, c'était d'avoir des places de théâtre. On ne peut les obtenir qu'en déposant un truc au vestiaire. Mais entre le vestiaire et l'entrée dans le studio, il se passe vingt bonnes minutes. Nous avons voulu nous enfuir à ce moment là ; mais ¡ piège ! le vestiaire était fermé.
Entre la deuxième et la troisième émission, nous avons voulu partir aussi. Mais une dame nous a rattrapées et nous a brusquement demandé où nous allions, allez quoi, on enregistre la dernière émission, ça va quoi, restez encore une heure ¡ re-piège ! Ou comment bien mériter ses places de théâtre. D'où le titre de cet article.

Assister à une émission de divertissement nous a également fait prendre conscience que jamais nous ne pourrions exercer un même métier plus de 12 jours de suite. Après c'est trop pareil. Rien que trois émissions et on trouve ça déjà trop répétitif (en même temps, c'est toujours le même gars qui a gagné, oups, je spoile), on plaint le présentateur qui se farcit ça tout le temps. Nous autres, de la génération zapping, ne sommes pas faits pour nous concentrer. C'est dramatique.


Sur ce, je vous abandonne, en espérant que vous trouverez assez de concentration pour lire ce paveton.



*et ça rime, ma parole

Publié dans Lutèce

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jipé 02/07/2010 22:22


bats


jipé 02/07/2010 22:21


Je ne suis toujours pas d'accord avec toi Sherwood. Ce master peut te mener à un métier dans l'écologie, certes pas la recherche et c'est peut-être là le frein que tu utilises pour t'empêcher de
chercher un boulot dans ce domaine. Un travail en écologie (1-la recherche) il y en a: bureaux d'études, parcs naturels, etc. Renseigne toi auprès des pros du master.

Si tu es passionnée, si tu y crois, si tu te bas, si tu le veux, alors: tu trouveras!

Sherwood n'abandonne pas!