Luxuriant Poitou (exercice mental de visualisation de la couleur verte)

Publié le par Sherwood

Joie, bonheur et luxuriance les aminches !


Quel entrain n'est-ce-pas ?

Comment peut-il en être autrement quand on revient d'une cure ressourçante en ces verdoyantes terres pictaves ? Un séjour pour tous les goûts ! L'humidité vivifiante propre à cette région, et qui la rend aussi chromatique, pour se revigorer l'esprit et salir jubilatoirement ses rangers dans les belles flaques de grasse boue soyeuse, était naturellement de la partie, sans doute dans le seul but de me faire frapper sur mon délicat clavier, délaissé pendant trois jours, des phrases tout aussi longues qu'incohérentes dans la seule optique de me faire marrer toute seule. Un séjour pour apprendre à s'auto-proclamer "responsable de la thématique développement durable" d'une association à but simili-éducatif.

 

Un séjour pour admirer les mirifiscences de la nature en Poitou : des falaises à escalader, des forêts à parcourir, des vieilles roues rouillées à tenter de faire tourner, des biches à surprendre et des buis immenses recouverts de mousse vert fluo à faire entrer dans ses mirettes. Hé oui, car je n'ai pas d'appareil photo. Si un jour je réussis à me procurer celles qui ont été prises, je tenterai de les transmettre.


Je ne vous transmettrai pas mes frayeurs dans la forêt, où loin de toute civilisation j'ai soudain eu la frousse des sangliers, des animaux d'une sauvagerie monumentale, sans aucun doute. Des animaux qui n'ont pas de cou, et ne peuvent donc pas tourner rapidement. Bon à savoir, mais j'espère que ça ne me sera jamais utile (Parigot, tête de veau). Un séjour durant lequel j'ai aussi appris ce qu'était l'estrapade, et qui a donc sans doute donné son nom à la place du 5e arrondissement. Et c'est pas joyeux. M'enfin, c'est bien dans ce quartier là que l'on zigouille à tour de bras des souris et des rats dans un but scientifique, paraît-il.


Un séjour aussi pour vivre à la ferme, dans une famille de fermiers (uhuh pour qui se reconnaîtra), avec oies, poules, lapins et moutons, animaux on ne peut plus exotiques (et bruyants) quand on vit dans la fourmillante et stressée capitale. Un fermier avec l'accent de la ferme, si ça c'est pas mirifique !


Un séjour enfin pour constater que Poite-poite, c'est plus ce que c'était. Quelle atroce déception. Quel pincement violent au fond des entrailles de mes tripes du dedans de moi. La place d'armes est en travaux. Les petites rues piétonnes attenantes ont également subi des coups de jeune. Et à présent, loin de la charmante ville pittoresque de jadis (oui, j'ai déjà 300 ans), ce n'est plus qu'une succession de bâtiments blancs et impersonnels, débarrassés de ce cachet propre aux vieille pierres sales qui me plaisait tant. Non seulement, pour le vieux gourou réac' que je suis, c'est moche, mais en plus, pour l'être logique que je tente d'être, c'est totalement stupide. A croire que les architectes n'ont jamais vu la ville qu'ils sont chargés de détériorer. Nan parce que la place d'armes, en plein été, c'est quand même un endroit violemment lumineux. Alors la recouvrir de dalles blanchies aux enzymes plus-blanc-que-blanc et en ôter tous les arbres, c'est un peu l'acmé de la stupidité. Ça me fait exactement songer aux réfections effectuées il y a déjà quelques années dans la pitoyable non-île et qui ont achevé de me faire dénigrer ce sous-peuple de sots. Mettre des dalles blanchissimes et supprimer l'ombre, c'est la modernité. Au moins, ça permet un rapide ajustement démographique en éliminant efficacement les vieux et les faibles qui se deshidratent en un temps record dans ces milieux-là.
Alors Poitale m'a fortement déçue.


Fort heureusement, ses abords en cuvette pierreuse et arborée sont toujours les mêmes (jusqu'à quand ?), les lichens y prolifèrent en compagnie des ronces et de la douce mousse, pour le plaisir des yeux et des doigts (la mousse, c'est comme la boue : doux, mou et chou).

Mais Poite c'est aussi le pays du Goulibeur et des fabriques de malabars, même que ça sent la fraise chimique tout alentour. Lors d'un prochain séjour, j'espère y entrer.

Une visite de trois jours à Poite, c'est une grande bolée de bonne humeur et de découvertes. A très vite, j'espère (dit Sherwood en refaisant déjà le sac pour partir à la gare ce soir...)

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