Après la pluie, le beau temps

Publié le par Sherwood

Je blogue peu. Mais bien, alors poête-pouête-camembert.


IMGP1985J'avais à vous narrer du bon du goûtu du croustillant. Du feuilleton-catastrophe. Du sensationnel comme la Plèbe en réclame. Je vais vous conter ci-dessous l'histoire de la disparition de l'île de Ré, autrement dit : les vérifications des prédictions du gourou, qui annonçait cela il y a déjà 5 ans.
Je vais citer la plume de VdR, qui me l'a manuellement décrit (oui le courrier fonctionne encore. Pour l'anecdote, je lui ai répondu par cette adresse :"VdR, quelque part, sur ce qu'il reste de l'île de Ré". Elle a reçu).


VdR dit : "dimanche dernier, vers 7h, je me suis levée et j'ai marché dans l'eau. Sachant qu'il avait beaucoup plu, je IMGP2001me suis recouchée" Notons là que le dimanche VdR pionce, et que sur Ré il est normal d'avoir de l'eau chez soi quand il pleut.
"Au bout d'une minute j'entends glouglouglou dans la maison et je pense alors que le toît est percé"
Là, elle se lève et marche dans l'eau, et pour vérifier si c'est bien de l'eau de pluie elle goûte. Non, de l'eau de mer. Elle réveille tout le monde et dit "on s'en va !". Le Jambon râle parce que c'est dimanche et qu'il n'a pas école, VdR fait un sac (ha le côté "je suis capable d'emporter ma maison en 5 minutes" je sais de qui je le tiens). Voilà la petite famille (VdR, Gentil, Jambon et Kochka) dans un camion, regardant l'eau monter progressivement, passant sur les rares routes pas encore inondées, entre les champs transformés en lacs.

IMGP2016Ils ont passé des jours et des jours à déménager leur maison, bronchite à la clé, bottes jusqu'à la poitrine et odeur marécageuse dans les narines.  J'ai apprécié les photos des murs après que l'eau était partie : une ligne d'algues délimitait la hauteur de crue.

Tout le monde dans le coin ne parlait que de ça, mais tout le monde s'est entraidé. Z'avez le droit de faire un parralèle avec la citation du moment tiens.

Et moi, gros citadin fier de l'être, je suis arrivé dans cet environnement post-catastrophique avec mes grosses rangeos et mon appareil photo insidieux. J'ai constaté la plage, le vent, la mer marronnasse et vigoureuse, le vent, le vent, le SDC14713vent (oui bon j'ai horreur de cet élément là, voilà, j'ai les cheveux longs). J'ai vu pour la première fois de ma vie un dauphin, et comme pour les écureuils, j'ai reconnu de suite que c'en était un grâce aux photos de mes livres d'images. Sauf que là, il était mort. Remarquez par vous mêmes que même les créatures qui y vivent se font jeter par la mer...


Les paysages d'après tempête sont magnifiques. Déserts, avec des amoncellements de détritus çà et là, détails de consumérisme futile et pernicieux, des arbres arrachés, des tas de branches poussées par la mer, les dunes éventrées ornées d'un dérisoire "les dunes sont fragiles, ne les piétinez pas"...

 

 

SDC14714

 

 

Des tracteurs et d'autres gros engins de chantier arrivent et mettent des cailloux dans

des grilles pour faire mine de maintenir la digue (diguedondaine), mais je doute de cette utilité. Partout ça fait genre q

ue ça "reconstruit". Dans le genre on m'a toujours dit "mieux

vaut prévenir que guérir", et en tant que Gourou j'ai transformé ceci en : "Les excuses ne servent à rien, ça ne refait pas ce qui est passé". Mais non, l'être humain veut recommencer sans cesse.

De toute façon, le gourou est une chochotte, mais la mer, c'est un élément à fuir. Et quand elle râle, elle ne le fait pas à moitié. Plutôt que de tenter de la dompter, autant se faire tout petit.

 

Allez, plus que quelques centaines d'années et l'île de Ré ne sera plus qu'un mauvais souvenir.




Publié dans Hell Air

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hervé 01/04/2010 23:26


le gourou râle peut-être, mais il ronfle, et fort.


Sherwood 01/05/2010 13:15



Le gourou est viril, même en dormant.