J'peux pas, j'ai piscine.

Publié le par Sherwood

Les caniculistes lutéciens ont tous la même idée : aller faire trempette. Nous n'étions pas en reste, et en ce dimanche 16 août, quelle folie, Couenne et moi nous en fumes vers un centre approvisionné en eau par un puits artésien. Le choc, outre la chaleur, fut de constater que les PM sont capable d'attendre sagement leur tour pour aller mariner dans un bouillon de culture général. La file d'attente, longue de toute la rue, me rebutait et j'étais prête à demi-tourner quand mon camarade m'a dit "allez, on y est presque, regarde" et il m'a montré le bassin. De l'eau. Toute bleue, toute mouillée, aquatique, fraîche... Quand on fond dans son jean, la vue d'une piscine à portée de file d'attente anihile toute volonté. Je me postai à la queue.


Pour la première fois je mets des gens en photo, mais c'est une foule donc ça ne compte pas. La multitude chosifie. Alors on constate la queue (attention, yavait une boutade là !)

Au bout de quinze minutes, nous pumes enfin payer l'entrée. Deuxième surprise : à Paris, les logements sont peut-être fixés à un prix prohibitif, on peut s'offrir la piscine, c'est presque même pas cher ! (1€70, autant dire que dalle, pour les jeunes parisiens, les troisième-âge et les chômeurs). Il faut cependant porter le chapeau en latex, pour pas mettre de poils de crâne dans l'eau. Et puis s'afficher en maillot de bains, acmé de la honte, avec le bide qui pend et la cuisse flasque. Mais j'étais trop occupée à m'emplir les yeux de ce spectacle incroyable pour me soucier du qu'en-verra-t-on.

Car oui, la vue d'une piscine lutécienne un dimanche d'été par trente-douze degrés, c'est quelque chose à vivre. La dernière fois que j'avais plongé ma graisse dans de l'eau, c'était dans la Creuse. Une rivière entière pour nous quatre. Là, c'est pas pareil. Dans chaque bassin (au nombre de 3), il y avait un volume de viande plus important que le volume d'eau. Et tout autour, d'autres corps se faisaient cuire, étalés sur le carrelage, et entre lesquels il fallait slalomer de l'orteil pour avancer. Pour avancer où ? Eh bien, dans l'eau. On peut, verticalement, rentrer dans l'élément liquide. Mais dans ledit élément, pour se déplacer il est préférable d'adopter une position horizontale*. Et ça, c'est impossible. La surface sur laquelle se déplacer, c'est-à-dire l'interface air/eau, est bien inférieure au volume d'eau. Et si même nous avions pu tous tenir dans le bassin, nous ne pouvions guère y nager. Des tours tacites se crééent alors : on nage tous en file, c'est un peu morne et puis, il est impossible de se mouvoir à la vélocité voulue. Je ne nage pas vite, pourtant, mais plus vite que certaines mémés. Et impossible de doubler : il arrive en face ceux qui font demi-tour et réalisent la longueur en sens inverse.

Autant dire qu'au bout de 30 minutes j'en avais marre. Mais j'avais été rafraîchie, n'était-ce pas le but recherché ?

Cependant, je ne sais si c'est le jus de germes divers dans lequel j'ai mariné, mais aujourd'hui je suis malade. En vertu de ma nature non-humaine, je compte guérir subitement d'ici quelques minutes. En vertu de mon obstination ridicule, j'y arriverai. En plus 'faut que j'aille bosser.

* Ça me rappelle une boutade du Chat de Geluk : "le vrai sport se pratique debout. La natation, qui se pratique allongé, c'est pour les flemmards"

Publié dans Lutèce

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

hervé 17/08/2009 23:14

rhôôô, tu parles comme une fille: gras, flasque, honte...
tu as dû choper plein de verrues en plus.
tu y retourneras ?