De la chance, des insectes et de l'été

Publié le par Sherwood

Chers Voutousses
J'aurais souhaité trouver le temps et la connexion pour vous raconter ma trépidante vie. Mais cela reviendrait un peu à faire un étalage de ma chance inhumaine et vous rendre tous jaloux. Car on jalouse la chance des autres, quand on ne se rend pas encore compte de celle qu'on a. Bref, tout ça pour dire encore une fois que je ne suis pas plus chanceuse que la moyenne (bon, si, un chouia), mais que je sais regarder la vie avec des yeux en forme de trèfle à quatre feuilles.
Dans mon élan de snobisme égocentrique surdimensionné, j'avais décrété n'accepter de "boulot d'été" qu'en lien avec mes études. Comme chacun sait, mes études ne sont pas du genre à attirer les sous estivaux. Qui en a quelque chose à faire des p'tites bêtes, hein ?
C'est pourquoi, après avoir été virée du maqueudo (tiens, d'ailleurs allez voir la vidéo de l'autre soir...) et avoir refusé un alléchant boulot, je me retrouvai en vacances très longues et prévoyais déjà le farniente total à Paris Plage.
Aparté : j'ai refusé de travailler là où j'avais été embauchée les deux étés derniers, parce que le labo qui voulait bien de moi est situé face à la mer, dans une ville touristique, ensoleillée, chaude et venteuse. Les gens communs trouveront que ce sont justement des arguments pour accepter. Ouais, mais moi, ce dont je rêvais, c'était un truc un peu plus citadin. Fin de l'aparté.
Pour tout vous dire, si l'été voulait être parfait, j'aurais eu mon année, aurais été acceptée en M2 et aurais passé l'été à faire des choses qui me bottent, comme par exemple aller prendre des photos d'insectes et me promener à vélo. Et puis, pour ne pas perdre la main et surtout parce que j'ai pris conscience que j'aimais vraiment ça, j'aurais bien voulu faire un stage en lien avec l'écologie, tout ça tout ça. Et pour payer le loyer, on verrait bien.
Ça, c'est le rêve. La réalité, c'est que je n'ai pas (encore) mon année, qu'il y a des rattrapages à passer, des paperasses à faire pour l'an prochain et tout un tas de détails pas chouettes. Ah, j'oubliais (quel mauvais effet de style) : la réalité c'est aussi que je vais faire du vélo, prendre des photos d'insectes, faire un stage écologiste et en plus gagner des sous. Oui, le combo. Comment ça j'ai de la chance ? Non, très peu, c'est simplement que je rêvais de quelque chose qui s'est avéré exister. Et que pour l'obtenir, je me suis convaincue d'une chose : si je ne faisais pas ça, j'avais vraiment pas d'honneur. Les paperasses supplémentaires me rappellent le programme Erasmus, mais c'est pas cette saleté d'Administration qui m'aura ; je la hais trop pour ça. Alors j'ai crié youpidou vivent les Bisounours, les fleurettes et les abeilles, et j'ai été choisie ; tout en me faisant comprendre que ma lettre de motivation montrait un peu trop ma motivation, attention, il y a des gens un peu plus conventionnels qui ne vous prendraient pas. Ça tombe bien, je ne souhaite pas être prise par des gens conventionnels. Et je ne me cache pas. Quand je me cache, on me démasque vite (cf mon expérience éclair dans un fast-food).


En fait je suis ultra contente, même si on m'a piqué mon plan de Paname vers la Porte de Vanves, et qu'avec mon sens pourri de l'orientation, la Porte de Clignancourt me semblait vachement loin. D'ailleurs elle l'était. Si vous ne connaissez pas Paris, prenez un cercle et tracez son diamètre. Sinon regardez sur Gougueuleursse, c'est pas mal fait (euphémisme).

Publié dans Lutèce

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