Србија #1 : Skorenovac

Publié le par Sherwood

Добар дан !

 

Votre Gourou bien aimé poursuit son annexion du monde, par petits bouts. L'otite barotraumatique à peine finie (oui, le Gourou a les ouïes délicates et pures), je m'attelle à la narration de ce voyage en Serbie chronologiquement ; ce qui vous fera à peu près exactement trois articles à lire à la suite, petits chanceux.

 

A l'heure où les travailleurs de la semaine grassent-matinent, voire se couchent, nous nous sommes vaillament levés, l'homme bidimensionnel et votre serviteur, pour prendre le moyen de transport le plus terrifiant du monde (hormis le bateau, mais celui-ci je n'essaierai même pas de le prendre) : l'avion.

A ce moment-là, j'avais vaillament tenté d'apprendre quelques mots de serbe, histoire de faire genre, mais seul "merci" m'était resté, parce qu'il ressemble au délicieux "halva" (en vrai c'est хвала), ce truc tellement bon qu'on se roulerait dedans en bavant. Une pâte de graines, comment résister ?

Bref, le Gourou était mal parti pour se faire comprendre des Serbes.

 

Cependant, il existe en Serbie un village complètement campagnard, une enclave, une cellule de Hongrois. Et c'est là que nous avons logé.

Il fallait donc apprendre le hongrois. Une langue complètement bizarre qui ne ressemble à que dalle. Heureusement, la TV était parfois en serbe et je comprenais quelques mots. Un sur 50 pour être statistiquement juste. Oui, je ne comprenais rien (ici le Gourou vous ment honteusement, il a surkiffé l'émission locale des "chiffres et des lettres" et a insité pour la regarder tous les jours parce que celle des français est ridicule à côté).

 

Le village de campagne vous sera narré par le côté parisien urbain de Moimême.

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Là-bas, toutes les maisons sont goupillées pareil : une maisonnette de plain-pied en "paille et bouse" (selon les dires d'un semi-local), peintes à la chaux, avec une grange à maïs dans le  jardinet (NI !) et une grande cour derrière, avec dedans plein de poules, de canards et des cochons ! C'était, bien entendu, la première fois que je voyais des cochons. Vous vous doutez forcément de mon ignorance agricole. Je me suis empressée d'aller les saluer (en ralentissant un peu sur les derniers mètres parce que mon nez tentait de me dire quelque chose comme "fuis !"), de leur signifier tout mon amour, pour eux et toute leur famille sans qui je ne pourrais vivre. Je flattais leur saveur et leurs milles façons d'être préparés, quand ils ont enfin daigné lever le nez. Et là, stupeur mes amis.

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Oui, le cochon a du blanc dans les yeux. J'ai revu des tas de bestiaux dans ma tête, et aucun ne présente ça, à part l'humain. Je ne m'en remettrai pas. Et leurs long cils... je les aime encore plus. Et puis ils ronronnent et se trémoussent quand on leur gratte le dos.

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J'ai également appris à ramasser les oeufs, faire fuir les poules pour qu'elles laissent le nid vide sans se faire pincer. Constaté que les poules c'est vraiment mais vraiment stupide. 100 5030

 

Il y avait aussi, bien évidemment, des chats. Ci-contre la chatte et ses petits sous le truc-à-broyer-le-maïs.

Car qui dit grange à maïs dit grains, qui dit grains dit souris et qui dit souris dit chats. Et qui dit chats dit chatons, et qui dit "chatons" à un parisien entend aussitôt "gouzigouzi". Mais qui se précipite pour papouiller des chats de ferme se retrouve plein de puces et va les chasser dans sont lit aussi. En habituée des poux, j'ai donc expérimenté les puces. C'est plus facile de les trouver sur soi, et je pense que si on a abandonné la fourrure ça doit être pour ça.

 

 

La campagne, c'est aussi les champs. Le village est entouré de champs de maïs, avec des ruchomobiles dedans. Oui, des petits camions remplis de ruches, sans doute pour les mettre à l'abri l'hiver. Car si nous avons failli mourir de chaud, en hiver, il paraît qu'il fait très froid. J'aimerais bien revoir tout ça sous la neige.

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Et pour finir, la campagne c'est les moeurs de la campagne. Les règles sont simples : manger et boire. J'ai appris à "manger" en hongrois, avec plein de vocabulaire de nourriture. Pas besoin de verbe pour se débrouiller : "cochon bon" ça suffit. Voilà où en est mon niveau de langues exotiques. 

Ah, et bien sûr, les noms délicieux de tous les alcools de là-bas. Rien que de les entendre on a le palais qui suinte. Et les valises qui s'alourdissent de quelques bouteilles...

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