La citation

Il est dans la nature humaine de poursuivre toujours les choses qui s'évanouissent et de les apprécier à leur valeur dès qu'elles sont sur le point de disparaître.

 

  Gilbert Keith Chersterton, dans "Le Club des Métiers Bizarres" 

Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 13:26

Chers Voutousses.

 

Comme vous le savez, ou l'avez appris par la lecture assidue de ce carnet de bord numérique, je ne suis qu'une glandue chômeuse dont la seule activité à peu près distante de mon ordinateur est la promenade en patins à roulettes du dimanche après-midi (oui car il existe une autre balade le vendredi soirnuit, mais c'est de la rando de sportif, je n'y participe pas). Et la distribution rémunérée du Savoir à ma jeune disciple (qui est tellement cool que j'accepterais même de ne pas être payée, mais bon, après ça risque de faire des petits trous dans mes comptes).

Le personnage est posé.

 

Il y a de cela à peu près deux semaines, lors d'une de ces charmantes balades dans la belle ville, j'ai rencontré un patineur que je n'avais jamais vu. A force de se côtoyer tous les dimanches, nous autres participants commençons à nous reconnaître, nous saluer et discuter un brin. Ce type-là s'est juste inclus dans une conversation que je menais avec un autre gars, tout à fait naturellement, puisqu'on est tous des gentils bisounours et qu'on se kiffe tous puisqu'on a des roues sous les chaussures (sachez que Word ne connaît pas le mot "bisounours", c'est mal). Naturellement, la discussion tourne autour de nos activités respectives. On avait donc l'étudiant, la chômeuse et le mec-qui-bosse-dans-les-jeux-vidéo. Cette dernière activité étant bien plus excitante que les deux autres, c'est donc à lui de raconter son travail en détails. Il explique qu'il a participé à la création d'un jeu tout jeune, qui a juste un an, qu'il aime son métier et que la majorité des joueurs sont Biélorusses. La mention d'un pays de l'est a forcément, vous vous en doutez, allumé des petites étoiles dans mes yeux. Quand il a dit que dans son métier, il allait souvent là-bas pour faire des conventions de joueurs etc etc, j'ai bien entendu demandé si ça recrutait.

Après, on a parlé de whisky, j'ai forcément trouvé ce mec sympa. Alors je lui ai envoyé mon CV.

 

Il m'a orientée vers un poste à pourvoir, un truc de gérant de communauté web, avec animation et modération de forum, participation à la communauté de joueurs, tout ça, du bien chouette, du métier idéal pour qui adore blablater sur le net, ses blogs, ses forums et ses jeux.

 

Aussitôt, une réponse. Le descriptif du poste était en anglais, j'ai dû taper mon CV dans cette langue (Merci Jipé), ainci que la lettre de motivation (à la hauteur de toutes mes lettres de motivation : démotivante). Mais j'avais un rencart. Sur Skype.

J'ai flippé ma race, j'ai installé skype, j'ai dépoussiéré la WebCam qu'on m'a refilée (Merci Néphry), et je me suis préparée mentalement à avoir un entretien en anglais (id est : j'ai bu 3 litres de café et fait 12 parties frénétiques de Tetris). Comme prévu, je ne pige rien en anglais. Mais déjà davantage que ce que j'imaginais. Il faut dire que le type est apparemment Allemand, donc il ne parle pas comme un Rosbif, donc j'ai à peu près tout compris. Il m'a filé un autre rencart, IRL cette fois. Ma parole, ça se goupillait bien !

 

IRL, idem, j'ai pas assuré en anglais. J'ai compris à peu près ce qu'il racontait, la base tout de même pour savoir ce que je devrais hypothétiquement faire. Le jeu n'est pas encore très connu en Espagne, il faut donc créer et rassembler la communauté de joueurs qui ne savent pas encore qu'ils ont besoin de se défouler en cassant des tanks virtuels. La personne à ce poste devra "assister aux conventions en Espagne, y prendre la parole" (voyage ? moi ! moi !). Il faudra aussi être une gonzesse "pour pas faire peur aux gens en montrant qu'on n'est que des gros geeks, que les jeux vidéo ça plaît aussi aux filles" (combo oestrogènes-jupe, bonus sexysme éhonté, j'ai pas osé dire que j'étais un bûcheron mâle, poilu, viril et moustachu).

Ça me rappelle décembre dernier, quand j'étais vendeuse de jeux vidéo, et que le chef m'a dit à la fin du contrat : "Moi, les vendeuses, je les prends pour leur cul !". Oui, il rigolait. Enfin, j'espère. M'en fous, j'y retourne à la fin de la semaine pour un autre mois à vendre du Just Dance et du Battlefield.

 

Revenons à cet entretien en anglais. A un moment, un Français a pris la parole pour me demander si j'avais joué au jeu pour lequel je postulais. J'ai avoué que non. "Par contre, tu joues à WoW, c'est ça ?". J'ai eu un moment de frayeur, les sueurs froides de la personne qui s'aperçoit qu'elle a mis quelque chose de terriblement honteux dans son CV. Impossible, je ne mets pas ça... non... il y a juste "jeux vidéo" dans les miscellanées tout en bas, entre "roller" et "lecture". Ah. Mon collègue à roulettes. Il avait du parler de moi avant. Et divulguer ce terrible passe-temps. Tant pis. J'ai assuré que j'allais me mettre à leur jeu (en ce moment, je le télécharge).

Mais j'étais là pour vendre mon niveau d'espagnol, non ? Le Patron, un Espagnol, m'a juste adressé la parole trois secondes (il a pendant ces secondes eu le temps de dire que mon accent était bon, ça m'a mise en joie). Puis il m'a donné un texte en anglais à traduire en espagnol.

 

Mon amie la traductrice (en vrai et tout elle a fait des études pour ça) trouve que c'est honteux que rien que parce que des gens savent parler on considère qu¡ils savent traduire. Oui, c'est honteux pour ceux qui ont fait des études. Et alors ? Les inventaires de biodiversité, hein, on les fait jamais faire par ceux qui ont étudié ça non plus. Sinon j'aurais peut-être du travail là-dedans.

 

Traduire un texte d'une langue à une autre, quand aucune n'est sa langue maternelle, c'est très intéressant. Ça fait chauffer le cerveau.

C'est juste archi-difficile. Je ne connaissais pas certains mots, je les ai inventés. Je sais que j'ai fait une erreur grossière entre "ser" et "estar" et là je m'en frapperais. Et d'autres erreurs bien moches. J'ai rendu la feuille et suis partie. "Réponse lundi" m'ont-ils dit. Après d'aussi monstrueuses fautes, j'ai fait tête basse et désespéré de mon niveau d'espagnol.

 

Lundi. Midi. Un courriel me demandant mon numéro de sécu pour faire le contrat, je commence le 2 janvier.

 

Moralité : point n'est besoin de faire des études mon enfant. Va dans la rue, sors tes nichons et t'en trouveras bien plus facilement.

 

Par Sherwood - Qui a dit quoi ? - Publié dans : vaguement
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 18:52

Et sinon, je ne vous avais pas dit, mais vous le saviez tous, je l'ai assez braillé, j'ai assez laissé éclater ma joie et ça a fait des taches partout...

 


 

 

 

Eh oui. Maintenant je peux mourir. Plus rien ne m'apportera une bandaison aussi intense. C'était magnifique. C'était sublime. C'était... c'était... il fallait le voir, c'est tout.

En plus, le bassiste il est beau.

100_5311.JPG

Sinon, à part ça rien de neuf. Je vais tout de même vous donner des nouvelles de Paul, mon grand ami depuis quelques temps comme vous le savez.

 

Paul Emploi est sénile. Ça fait deux fois qu'il m'envoie un courriel pour me demander de confirmer mon adresse e-mail. Bon, s'il me l'envoie, c'est qu'il l'a, non ? Toujours est-il qu'il demande de cliquer sur un lien, pour confirmer, donc. Alors je clique. Alors le lien est invalide.Alors mon compte n'est pas actualisé alors il ne me donne pas de sousous.

Ce qui ne l'empêche pas de m'envoyer des offres. Des offres complètement improbables vu les informations que j'ai données, des offres d'emploi dont je ne comprends même pas l'intitulé. Et bien entendu, si je n'y réponds pas, Pôpôle va me virer de ses listes.

Evidemment, Paul n'a pas de numéro de téléphone, ni d'adresse courriel. Bin non, ce serait trop simple pour se faire engueuler. Il a juste un répondeur, mais les options pré-enregistrées ne contiennent pas "parler à un vrai humain", "demander des explications" ni "disputer tout le monde".

Bon, il me paye la piscine et me rend le cinoche moins cher. Mais en fait, ma jeunesse le faisait déjà.

 

Moralité : glander, c'est bien, mais être chômeur, c'est pitoyable.

 

Allez, une autre image pour la route. 100_5298.JPG

Par Sherwood - Qui a dit quoi ? - Publié dans : vaguement
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 12:09

Chers petits amis, j'arrête pas.
Même pas le temps de bloguer, trencomptez-vous un peux donc (du verbe trencompter, surtout employé à la 2e personne : "tu trencomptes"). C'est terrible de ne pas travailler, on n'a plus le temps de rien.

C'est surtout qu'on prend le temps de faire ce qu'on remettait à plus tard. Depuis deux semaines et demie que j'ai rejoint le club des assistés publics, j'ai donc eu le temps d'apprendre à faire des joints, parce que ça faisait pas propre dans la douche (c'est foutrement rigolo, si un jour vous avez besoin de rejointer, appelez-moi !), de décider d'apprendre à cuisiner (ouais, je perdrais ma réputation de macho qui se fait servir, c'est vrai...), d'entamer des plans d'avenir, d'acheter des meubles. Et donc les monter. Sans notice, parce que c'est bien plus rigolo de se faire livrer des paquets incomplets. Oui, depuis 10 mois au Palais du Sherwoodistan, votre dévoué Gourou ne possédait donc pas de meubles et laissait ses effets en tas. La honte. C'est d'ailleurs toujours le cas, c'est tout de même plus facile de monter une armoire que ranger ses affaires.

J'ai enfin réussi à m'inscire sur les listes éléctorales, ça y est, depuis quatre ans que je n'y vis plus, je viens seulement de ne plus être considérée Pictavienne. Ça me fait un petit picotement là quand même. Je conserve mon ancienne carte de votant, juste pour l'adresse si parfaitement merveilleuse.

J'ai même pris le temps de rendre visite à ma famille (oui, le Gourou n'est pas qu'un pur esprit né du bitume et des blattes, et puis il fallait bien que je chourave des confitures), qui semblait dépitée pour moi de me savoir au chômage. Mais, quoi de mieux que d'être payé à rien faire ? Non, sincèrement ?
J'en ai profité pour retrouver mes Lego. Et deshériter le Jambon qui me sert de cadet : il a perdu mes modèles et certaines pièces. Heureusement, il existe un bandant site qui répertorie pas mal de scans de vieux modèles. Mais sans les morceaux, hein...
Du coup je suis allée faire un tour dans un magasin de jeux, au rayon Lego. Ils ne font plus les chevaliers ni le far-West, et ils n'ont qu'un modèle de camion. Franchement, tout se dégrade. Et puis c'est cher ! (ha, ça, on me dit que ça l'a toujours été...)

J'ai également pris le temps d'acheter des vêtements, et je ne comprends pas les gonzesses qui font ça plus d'une fois par décennie. Surtout que je mets encore des trucs que je mettais il y a 8 ans, alors hein... à quoi bon changer tant que ça tombe pas en loques ? J'avais un super tee-shirt (gagné dans un bar) mais il avait plein de trous spoutiniens. J'ai enfin décidé de le changer. Pour qu'à la caisse j'aprenne que si j'avais attendu 24h j'aurais sans doute payé moins cher. Comment pouvais-je connaître la date des soldes aussi, hein ?

Mais je travaille aussi ! Je donne des cours j'exerce mes pouvoirs subversifs de Gourou sur ma disciple favorite. Et je paperasse à fond, hou la saine occupation, pour pouvoir enfin faire officiellement partie du Club. Moi aussi je veux la piscine gratuite ! Les musées aussi, mais ça je m'en fiche, je l'ai déjà ce droit, par jeunesse. Et tout le toutim des membres du club de Paupaul (M. Emploi, de son vrai nom). Il m'a donné rencart cet après-midi. Si ça se trouve il va même m'entretenir.
Je paperasse aussi pour parvenir à faire ce que je veux (ouais tout le monde est au courant de mes projets mais j'en parle pas quand même), et puis pour songer un brin à me tailler un avenir. Mais ça, ça m'saoule.


J'apprends presque pas trop mal à concevoir un site web. Cliquez là, mais retournez-y surtout plus tard, que là c'est une ébauche. Vous pouvez d'ailleurs critiquer tout plein, ce serait utile.

 

Sinon, j'ai explosé mes scores à Just Dance et j'ai encore créé un nouveau perso sur WoW. Faut bien justifier la glandouille heureuse. Franchement, apprendre des choses et chercher un avenir, mais quel chômeur fait réellement ça ?

Par Sherwood - Qui a dit quoi ? - Publié dans : vaguement
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 15:02

Bonjour bonjour !

Eh oui me voilà dans la pleine possibilité de taper sur mon clavier, c'est magnifique (je n'ai jamais perdu cette faculté, rassurez-vous). Par contre, j'écris encore de la main gauche.

C'est pas moi, c'est la vieille.

 

C'est vrai quoi. Moi, gentiment, lundi soir, je me rends chez mon élève en rollers. Même si en 7 mois j'ai appris à les maîtriser de façon assez gracieuse *toux nerveuse*, je reste assez incertaine au moment de passer les trottoirs, parce qu'il y a une petite butée, très souvent de l'eau, et dans la plupart des cas une terrible bande d'adhésif blanc avec des petites bulles pour que les aveugles sachent que c'est là la fin du trottoir. C'est pourquoi, le plus possible (là où il y en a une quoi) j'emprunte la piste cyclable. Qui est tout aussi destinée aux patineurs que le trottoir, c'est-à-dire pas du tout. Mais où peut-on rouler alors ?

En tout cas, je suis certaine d'une chose : ladite bande cyclable est davantage faite pour mes roulettes que pour les roues des motos ; surtout si ces dernières l'empruntent dans le mauvais sens de surcroît. Et comme c'était un passage de trottoir, je faisais attention à ne pas rouler dans l'eau du caniveau ou buter sur le rebord, donc je regardais mes pieds. Et n'ai donc vu la moto qu'au dernier moment, assez tôt pour glisser un regard de biais et me déporter sur le côté. Sur la saleté de bande blanche, donc.

Normalement, vous savez que si votre roue se trouve bloquée par quoi que ce soit, alors l'autre jambe, par réflexe, va passer devant pour permettre de se ré-équilibrer. C'est pour ça qu'on ne voit pas tant d'accidents de roller que ça au niveau de ces fichus machins d'aveugles.

Sauf que si un second obstacle se retrouve au niveau de votre point de rétablissement, bin boum. Pour moi, c'était une vieille. Comme je suis trop aimable (qui a crié "FAUX !" ?), je n'ai pas voulu lui rentrer dedans et ai tenté de l'éviter. Mais avec ma super-coordination de pingouin hémiplégique, être déséquilibrée d'un côté et tenter un contournement de l'autre ne fut pas possible. J'ai vu le trottoir se rapprocher, j'ai mis un coup de hanche dedans pour qu'il se pousse mais il n'a pas voulu et j'ai retenu mon poids de boeuf surentraîné par la main. Et je suis repartie devant la vieille dame qui avait eu peur.

Mais j'ai eu mal, et la main bleue (la hanche aussi mais j'écris pas avec). Ha oui, les protections c'était en option.

Le lendemain, je vais vaillament en traînant les pieds travailler, je fais ce que j'ai à faire, j'écris de la main gauche et je décide de m'en aller pour savoir tout de même ce qu'il se passe dans ma paume parce que ça fait mal de s'en servir. N'ayant pas de médecin traitant je vais aux urgences *haha*.

Oui, tout le monde sait que les urgences n'en ont que le nom. Ça tombait bien, ce n'était pas urgent. J'ai remarqué que pour être admis au service des urgences il faut présenter sa carte Vitale et sa carte d'identité. Autrement dit, toujours les avoir sur soi puisque techniquement, quand on va aux urgences, c'est qu'on vient d'avoir un truc nécessitant urgemment des soins. Sondage : qui a toujours sa carte Vitale sur soi ? Merci, je ne suis donc pas la seule inconsciente.

 

Après à peine 2h d'attente, il n'y avait personne, je vous conseille d'attraper un accident le mardi vers midi, ça ira mieux, un médecin me prend la tension, un autre me questionne, on me refait attendre, on m'envoie faire une radio, on me refait attendre, on regarde ma radio, on m'annonce que je n'ai rien de cassé (mais j'avais deviné, enfin quoi, j'aurais eu bien plus mal non ? Apparemment non), on me demande si j'ai besoin de ma main droite pour travailler (je suis pas coureur à pieds ! Evidemment !), on me fait un joli papier comme quoi faut que je reste chez moi jusqu'à vendredi (non inclus).

Le lendemain j'apporte ce papier au travail, où j'apprends que de toute façon j'étais techniquement en RTT.

Heureuse de ce jour de repos je me dis chouette, je vais pouvoir écrir à mes amis ! Ha... bin non en fait, j'ai beau m'exercer depuis des années, la main gauche écrit toujours très peu lisiblement. Heureusement que pour la souris ça va de la main gauche...

 

Aujourd'hui, toujours en arrêt, je suis allée acheter des protections pour les mains, on ne sait jamais, les vieilles sont fourbes ces temps-ci.

Par Sherwood - Qui a dit quoi ? - Publié dans : vaguement
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Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 19:22

Chers amis, aujourd'hui fut bandant. Au sens où je l'emploie moi, c'est-à-dire sans sous-entendu organique quelconque, simplement pour signifier mon contentement devant les choses de la vie. Il faut le préciser, parce qu'avec ce qui va suivre, les plus chastes d'entres vous seront même priés de fermer les yeux. Oui oui, je ne vais pas hésiter à poster ici des images osées !

Car je me doute bien que mon triptyque inachevé sur les mirificences serbes vous rase les genoux, alors on va se la jouer publiciste, voilà, vous préférez sans doute de l'organe reproducteur à vif.

 

Mais c'est ce que je vais vous offrir !

 

Commençons par le début, c'est toujours plus net, plus scientifique ; même si cette journée fut plutôt sous le signe artistique. Faut bien les cadrer ces artistes !

A ce sujet, j'ai horreur des cadres. Ha oui, vraiment, ces moulures dorées dégradent foutrement le tableau qu'ils sont censés mettre en valeur. Car aujourd'hui nous avons visité le musée d'Orsay. Vous savez, l'ancienne gare avec la chouette horloge et une architecture mirifique (voilà, j'avoue, en plus des lampadaires, des ponts et de la ferraille, j'aime les gares. Alors quand dedans c'est un musée, c'est juste comme un coin de paradis).

Dans ce musée il y a des milliards de choses à voir. Moi, je m'étais fixé une mission : admirer "l'enterrement à Ornans" de Gustave Courbet. Parce que mon élève avait un devoir à faire dessus, et qu'on a donc passé des heures à en observer la minuscule reproduction dans son livre, qu'on a interprété des tonnes de choses et que du coup bin j'ai découvert Courbet pour autre chose que la fameuse "origine du monde" (j'avais donc sans doute déjà vu l'enterrement, mais à l'époque,, j'ai forcément plus retenu le second, chaste et prude choquée). Et mieux compris le mec, genre "vazzy j'm'en fous moi, ràb des conventions moi chuis un artiste et je me débrouille pas trop mal avec des pinceaux, je vais représenter c'que j'veux !". Y compris la plèbe qui chiale, les fossoyeurs en sueur, les cerfs en rut et le cul de ma maîtresse. Et toc.

Il l'a sans doute pas dit comme ça, mais il l'a fait. Et évidemment les gens à l'époque ont hurlé à l'outrage, namé c'trop pas académique tes barbouillages là, tu vas planquer ça tout de suite ! On peint pas des gens moches en grand format !

 

Niveau mocheté, hein, j'aimerais bien peindre aussi moche que ça. Mais c'est pas la question (je crois que je ne sais même pas comment on tient correctement un pinceau).

 

Au musée, il y a bien d'autres choses à voir ensuite, les petits points partout des néo-impressionistes, les chats incroyables de Bonnard, la fillette-passée-au-micro-ondes-avec-un-oeuf-sur-la-tête de Renoir, la femme dont je suis tombée raide dingue de Lucien Levy-Dhurmer, le cycliste de Maillol (ouais, un type à poil avec des mollets maigrichons et pas de vélo... pourquoi diable l'appeler ainsi ??)... Enfin un musée quoi, un groupement de trucs chouettes.

 

Chouettes si on sait faire les dialogues sur les tableaux ou les sculptures, bien entendu. Sinon, c'est ennuyeux, c'est rempli de vieux et de touristes et de gamins qui détestent être là.

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Et puis en sortant du musée, nous avons franchi un pont, quand soudain mon regard fut attiré par une forme blanchâtre dans l'eau. Nous nous sommes arrêtées, j'ai dégainé l'appareil photo et mitraillé la scène de "rue" la plus surprenante que j'avais vue (hé oui nous vivons dans un pays de gens bien comme il faut qui ne sortent pas des clous). Une jeune femme se baignant dans l'eau limpide. Oui, j'insiste, limpide et transparente, même si verte, oui les enfants la Seine est propre. Je ne dis pas "over nickel niveau pollution", mais vous vous prélassez dans l'océan c'est pareil.

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En tout cas, elle n'avait pas l'air de souffrir. Un jeune homme marchant également sur le pont, l'oreille collée à son smartphone, a dit à son correspondant "attends tu me crois pas, je quitte je te la prends en photo !". Un homme s'est approché de nous et a dit : "C'est une folle, elle m'a demandé de lui faire l'amour et puis elle est allée dans l'eau".

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Nous, nous comptions les secondes avant l'arrivée de la police. Moins de cinq minutes avant que deux petits bateaux s'approchent, la police, les pompiers, pour la tirer de l'eau comme si elle allait se noyer. Quand ça fait quelques minutes qu'on nage paisiblement, on sait aller jusqu'au bord sans se faire hisser par un type en latex je trouve. Ils l'ont enveloppée dans une couverture de survie pendant qu'elle riait "mais je n'ai pas froid !", le camion de pompiers et le Samu sont arrivés, en tout 18 personnes à pied d'oeuvre pour une malheureuse baigneuse qui ne faisait de mal à personne.Si ce n'est choquer les hommes bien pensants en chemise rose (nous le soupçonnons d'avoir appelé la police).

 

Quand ils sont passés près de nous, on l'a entendue dire que non, non, pas l'hôpital psychiatrique, non, elle connaissait trop.

 

Et puis nous sommes allées visiter le squat d'artistes de la rue de Rivoli et encore une fois, c'était mégabeau.

Par Sherwood - Qui a dit quoi ? - Publié dans : Lutèce
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Le machin stupide

Image au Zazard

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