La citation
Il est optimiste par paresse d'esprit. Envisager seulement les meilleurs côtés de la nature humaine et considérer le monde comme un paradis, rien de plus commode !
Agatha Christie, dans "Rendez-vous avec la mort"
Les tribulations d'une blatte blasée en milieu urbain
Il est optimiste par paresse d'esprit. Envisager seulement les meilleurs côtés de la nature humaine et considérer le monde comme un paradis, rien de plus commode !
Agatha Christie, dans "Rendez-vous avec la mort"
Ciel, un article par semaine, quelle prolixité, vous direz-vous ! Ou pas.
Ce samedimanche pascal (mais non, pas mon géniteur !) j'ai eu la chance merveilleuse de visiter la Normandie, pays jusqu'alors encore inanexé par le Gourou, bien à tort d'ailleurs.
En effet, c'est un coin tout à fait choupi, comme on dit de nos jours alors que c'est fort mal vu ; du moins je l'espère. Qui oserait encore dire "choupi" passé cinq ans et l'âge légal des couettes, je vous le demande.
La choupitude se justifie par le climat qui a accueilli mon séjour : un vrai temps de Pâques. Et Pâques c'est couhoule parce que c'est à la fois le temps des pâquerettes, du chocolat et de la pluie. Et la résurrection d'un mec, et c'est marrant aussi du coup. Donc, c'est forcément un bon moment pour visiter. Sauf que tout le monde se dit la même chose, et donc tout le monde grouille aussi.
Dès mon arrivée en terres normandes, j'ai été accueillie par des chars et je me suis sentie poursuivie par mon boulot
(et après j'ai rêvé de pages de code d'ailleurs).
J'avais tout simplement oublié que mon pays a une histoire, ya un truc avec des chars dans ce coin-là de la France, et apparemment ils en sont très fiers, ces belliqueux Normands. Si fiers qu'ils font même visiter les bunkers. Dans ma jeunesse, les casemates étaient réservées aux drogués qui se piquaient et on n'avait pas le droit de s'approcher (de toute façon ça puait) mais c'était dans un autre coin du pays. En tout cas, on n'expliquait pas aux touristes ce que c'était. Là, si.
Mais je n'ai pas visité les installations guerrières, parce que c'est quand même mieux d'errer dans les rues pavées humides, d'admirer la fameuse tapisserie de Bayeux (qui n'a jamais été fabriquée à Bayeux) et les grandes flèches des machins religieux.
Je crois que je commence à apprécier les églises (et tout les machins du genre avec les cathédrales et puis les basiliques, tout ça quoi, je fais pas la différence). De l'extérieur seulement bien sûr, pour ça, je n'ai pas changé, c'est glauque de rentrer là-dedans. Mais de dehors c'est quand même vachement... mais non pas "choupi"... impressionnant. Enfin, c'est des piles de vieux cailloux, forcément c'est joli.
Et puis notre guide aux cheveux de feu nous a conduites au Mont Saint Michel. C'est encore un tas de cailloux, en pointes, sous la pluie, avec des pavés, des lampadaires et des escaliers. Le pied !
Le Mont Saint Michel était sur ma
liste-des-trucs-à-visiter, hop, ça de coché.
Il est situé en face de l'usine des galettes Saint-Michel (que c'est étonnant), qui sont des galettes bretonnes. C'est là que j'ai compris qu'entre la Bretagne et la Normandie, c'était la guerre d'appellation.
Au moins, ils peuvent être d'accord sur une chose : le climat est le même dans les deux régions. La choupitude des villes aussi. Et puis, tant qu'il y a de la boue, c'est chou !
Mais le Mont Saint Michel, c'est avant tout une île grouillante de touristes en parapluies (que je hais les parapluies !) et de goélands frimeurs.
Entendu sur place : "Non je ne sais pas ce que c'est, un oiseau, c'est tout ce que je peux te dire". Allons bon, il y avait même des Parisiens en Normandie.
Et puis nous avons fini notre périple par la plage, avec son étendue de sable joliment ridé par la mer enfuie (je n'imaginais pas comme un motif de frime le fait de montrer qu'on comprend les horaires des marées), ses cadavres de crabes et d'oursins, ses os de seiche et ses fucus (alors ça c'est une algue mâle, tu vois...).
Ouais alors dans le titre j'ai allégrement classifié les phéromones dans le rang des microbes sinon ça fonctionnait pas. Mais comme "microbe" n'est pas un véritable nom, je considère que ça se tient. Et en plus m'embêtez pas, je suis balade.
Et balade je suis, en balade je suis partie. Rappelez-vous la dernière fois, la soudaine prise de conscience que m'avaient values les deux heures de transports. Cette fois, je suis partie passer une journée physiquement plus loin, temporairement à la même durée. Je reviens là-dessus : le Parisien compte les distances en unités de temps. Ça n'a pas l'air mais c'est très rationnel.
Je pensais que le temps passé sans nous voir aurait un peu atténué la violence de mes sentiments. J'ai vérifié sur Wikipédia hein, puisque c'est la Bible (d'ailleurs, je ne me sers que de lui pour écrire mes articles au travail). J'aurais pu pousser même sur Doctissimo d'ailleurs, puiqu'on est vraiment dans quelque chose de super important. Mais les faits sont là. L'accélération des battements cardiaques, l'activation du circuit de la récompense rendant niaisement euphorique, l'altération du jugement qui fait tout trouver mirifique... je présente toujours tous les signes tangibles. Je suis totalement en amour pour Poitiers.
Mon parpaing interne a d'abord été un peu contrarié de devoir le reconnaître, mais après tout, quoi de plus pierreux que d'être amoureux d'une ville !
Heureuse d'être en accord avec moi-même, j'ai passé une journée en amoureuses, main dans la rue avec ma belle élue aux courbes enchanteresses.
En tant de temps sans la voir. j'ai eu peur de l'avoir
oubliée, de la décevoir. Mais non, je savais où passer pour qu'elle me fasse le plus plaisir possible.
Une visite aux bestioles de Blossac dans le jour levant m'a causé la déception de voir que le tourniquet était enfin supprimé pour convenir aux normes de sécurité en vigueur en France. C'est vrai, des fois les gamins tombent, c'est honteux, yen a même qui ont eu des bleus des fois. Comment peut-on tolérer cela ma brave dame...
Je n'ai pas fait de tourniquet, maisje suis encore une fois passée dans la plus petite rue du monde, qui s'appelle bel et bien "rue", non "ruelle" ou "impasse" ou "chemin anti-obèses".
J'ai admiré le verdâtre Clain et ses paisibles volailles, j'ai cherché des trèfles entre les papillons colorés, contemplé les maisons détruites et les travaux divers (ho oui des ruines, des belles ruines, coeur coeur), erré dans les rues tortueuses sans même réussir à me perdre. Je la connais trop maintenant. Et pourtant je lui trouve toujours autant de charme.
Entre les passages secrets qui surgissent au milieu des rues, les escaliers subits en plein dans les falaises et les agencements savants de modernité et d'ancienneté, je ne sais jamais ce que je préfère.
Mais Poitiers a tout de même réussi à me décevoir. Un tout petit peu. Je savais pour le massacre de la place d'Armes, mais je n'imaginais pas cela si terrible. Remplacer du sol grisâtre et ombragé de vieux tilleuls par une étendue immaculée et impersonnelle, c'est pire qu'une hérésie. Surtout quand il y a un peu de soleil. Et hier, il y en avait beaucoup !
Mais j'ai vraiment pleuré quand j'ai vu que le pont-du-train rouge était coupé. Inaccessible, il ne restait qu'un tronçon de béton suspendu tout en haut, dominant encore un peu la route. Heureusement, j'ai ensuite compris qu'il allait être rénové. Et ça, j'ai hâte de le voir !
Parce que voilà, il faisait beau, alors ont a joué les Parisiennes.
On voulait de la verdure, ces choses qui sont rares dans la grande ville des brumes jaunâtres, et l'On s'est décidées sur le Très-loin.
Sur le blog officiel de la forêt choisie, il y avait un écureil en photo. Ce détail a fini de me décider. C'est stupide, mais c'est ainsi. Les écureuils, on n'en voit guère à Paris. On n'en voit que sur le campus de Poite d'ailleurs. Non, je n'en ai jamais revu depuis. Non je n'ai pas honte parce que j'aime le gris. Mais aussi les petits machins qui font "iiik" en galopant partout avec leur queue touffue. Et aussi les bourdons, mais il y en a plein à Paris.
Bref. J'avais dit oui. J'avais dit oui aux deux heures de transport sous l'accablant soleil frais de ce début de printemps. Je n'ai même pas bronché au franchissement des limites de mon cathéter urbain, la sainte zone deux. Je n'ai pas bronché quand les contrôleuses m'ont tiré les sous de la carte en me disant que j'avais pas pris de billet.
Pour les non-Parisiens, sachez que l'île-de-France est divisées en zones selon son degré de sauvagerie. Les zones 1 et 2 correspondent à la vraie Paris. Le reste, jusqu'en zone 8, c'est la brousse. Quand on a une carte de métro de jeune écolier payée seulement pour les zones 1 et 2, on a quand même le droit d'aller dans la brousse du vendredi soir au dimanche soir, gratuitement. Quand on n'est plus écolier, on doit payer très cher parce qu'on prend quand même le RER pour aller si loin. Mais, évidemment, le RER commence en zone autorisée. Donc, en montant dedans, la carte minimale est valide. Et soudain, en plein milieu du trajet, elle ne l'est plus. Alors faut payer très cher. Ou alors il fallait trouver où était le guichet avant de monter. Mais il aurait fallu aborder des gens sans doute, alors je ne l'ai pas fait. Donc j'ai eu une amende.
Mais aussitôt la fin du voyage (du très long voyage), ça ne m'a plus du tout tracassée. Ils nous avaient promis de l'écureuil sur le site, eh ben ils en ont mis en vrai !
Oui, on ne le voit sans doute pas sur la photo, mais moi je le
sais, il y a un écureil caché dans l'arbre, en train de nous observer avec sa face et ses manières de rat. Où est Charlie l'écureuil rien que pour vous !
Nous avons aussi vu des papillons, et des bourdons, et des centaines de milliards d'araignées au dos blanc qui bondissaient entre les feuilles.
La vraie nature en vrai dans la vie quoi ! Avec des vraies couleurs et des vraies textures carrément palpables. J'ai trompé mon cher ordi pour toute cette réalité augmentée, mais je ne le regrette pas du tout.
Bien entendu, nous avons parisiennement surtout apprécié les graffitis et les usines abandonnées lors du chemin aller, et les ouvrages urbains au sein même de la forêt. On ne peut pas se défaire de sa nature.
C'est tout de même chouette de prendre un bol d'air de temps en temps. Pas trop fréquemment non plus quand même, après ça rend accro, il paraît même qu'il y a des gens qui vivent dans des lieux presque aussi sauvages que celui-ci (moi-même qui vous parle, je connais de loin certaines personnes vivant à moins d'un demi kilomètre de l'océan, mais ce sont forcément des gens perturbés).
Cette inconscience et cette appétence momentanée pour le vert doit être dûe aux effluves particuliers qu'émane l'air printannier. Cette odeur de chaleur nouvelle et ce pollen obscène qui vole doit forcément troubler le système nerveux.
Pour le chemin du retour, nous avons vécu la plus bandante des expériences. Mon acolyte a osé parler à la conductrice du RER, et lui a demandé si on pouvait aller dans sa cabine. Nous l'avons épuisée de questions : "C'est marrant, vous demandez plus de choses que les stagiaires !" mais elle semblait contente d'avoir deux folles pour lui changer les idées. Et nous avons admiré le paysage des animaux écrasés sur les voies tout en apprenant une foule de choses au sujet des trains urbains.
Je dois encore avoir des grains de nature dans le nez. Je viens de penser que tout de même, deux heures de train et 25€ d'amende, ça revient au même que d'aller à Poitiers. Je pense passer samedi prochain dans la ville mirifique... à suivre.
Non, je n'oublie pas mon blog.
Impossible. Son doux souvenir se rappelle à ma mémoire tous les jours. Et pour cause. Comme vous l'avez lu précédemment, j'ai trouvé un boulot pas mal.
Je m'en suis fait virer au bout de cinq jours, mais réembaucher aussitôt, pour faire presque autre chose, et tout cela, oui mes amis, grâce à lui : Poite-la-mirifique.
C'est comme ça. Par erreur, par mégarde, son adresse tout aussi amusante que personnelle s'est trouvée à portée de mon chef, qui a lu son contenu, et trouvé que j'étais décidément quelqu'un de couhoule.
J'espère qu'il est redevenu difficile à trouver.
À part ça, la radio, la TV et toutes les concierges vous le disent : "Ha bé dame, il neige !" (non, j'espère qu'à la radio ils ne parlent pas avec un accent Vendéen). Les lèves-tôts que sont les
touristes ont eu la même idée que moi : aller contempler la capitable sous les flocons de tout là-haut.
Cette photo a donc été prise en des milliers d'exemplaires ce matin.
Mais j'ai le droit de parler de la neige, moi. D'abord parce que
je suis le gourou, alors voilà, c'est une raison excellente, et puis aussi parce que je n'en parle pas en termes catastrophiques ou préventifs comme le font les médias. Moi, j'en parle parce que
j'adore. Parce que tout devient mignon et pur, parce que les gens sourient et que les décibels sont moins agressifs que d'habitude, parce qu'il n'y a pas tant de monde que ça dans les rues et
qu'on peut faire des glissades, parce que.. bah parce que.
Et juste pour vous rappeler que je vous salue.
Et sinon, je ne vous avais pas dit, mais vous le saviez tous, je l'ai assez braillé, j'ai assez laissé éclater ma joie et ça a fait des taches partout...
Eh oui. Maintenant je peux mourir. Plus rien ne m'apportera une bandaison aussi intense. C'était magnifique. C'était sublime. C'était... c'était... il fallait le voir, c'est tout.
En plus, le bassiste il est beau.
Sinon, à part ça rien de neuf. Je vais tout de même vous donner des nouvelles de Paul, mon grand ami depuis quelques temps comme vous le savez.
Paul Emploi est sénile. Ça fait deux fois qu'il m'envoie un courriel pour me demander de confirmer mon adresse e-mail. Bon, s'il me l'envoie, c'est qu'il l'a, non ? Toujours est-il qu'il demande de cliquer sur un lien, pour confirmer, donc. Alors je clique. Alors le lien est invalide.Alors mon compte n'est pas actualisé alors il ne me donne pas de sousous.
Ce qui ne l'empêche pas de m'envoyer des offres. Des offres complètement improbables vu les informations que j'ai données, des offres d'emploi dont je ne comprends même pas l'intitulé. Et bien entendu, si je n'y réponds pas, Pôpôle va me virer de ses listes.
Evidemment, Paul n'a pas de numéro de téléphone, ni d'adresse courriel. Bin non, ce serait trop simple pour se faire engueuler. Il a juste un répondeur, mais les options pré-enregistrées ne contiennent pas "parler à un vrai humain", "demander des explications" ni "disputer tout le monde".
Bon, il me paye la piscine et me rend le cinoche moins cher. Mais en fait, ma jeunesse le faisait déjà.
Moralité : glander, c'est bien, mais être chômeur, c'est pitoyable.
Allez, une autre image pour la route.